Partager l'article ! Je hais le vert...: J’aime les rêveurs et les destins immobiles. Elle portait un manteau vert en laine et alpaga… ...
J’aime les rêveurs et les destins immobiles.
Elle portait un manteau vert en laine et alpaga… Mais je hais le vert, alors j’ai habillé Léa en jaune, je l’ai sapé d’une veste en cachemire, douce et chaude, qui s’évase sur un jeans pétrole. Je m’étonnais de la voir si grande, dressée sur ses escarpins noirs ; sa tête blonde lui faisait une mine pâle, mais quand je décidai de lui faire des mèches mauves, elle retira ses lunettes et le monde se colorait, clair et bleu. Si j’ose dire, c’était Léa au pays des merveilles !
Un ciel de brouillard rencontre un paysage de neige et je m’étonne de la perspective disparue. Je tiens dans ma main un billet sur lequel elle a griffonné : « Avec toi j’irai par delà l’horizon de mes rêves. » Il n’y a plus d’horizon et je ne rêve plus, je me suis perdu dans un temps absurde où j’erre parmi les âmes en peine. Absurde, absurde, je secoue ce mot pour en retirer une goutte de lumière.
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